Culte du dimanche 19 octobre 2025
Textes
Ex 17. 8-13
2 Tim 3. 14-4. 2
Lc 18. 1-8
1 Jésus leur dit une parabole sur la nécessité pour eux de prier constamment et de ne pas se décourager. 2 Il leur dit : « Il y avait dans une ville un juge qui n’avait ni crainte de Dieu ni respect des hommes. 3 Et il y avait dans cette ville une veuve qui venait lui dire : “Rends-moi justice contre mon adversaire.” 4 Il s’y refusa longtemps. Et puis il se dit : “Même si je ne crains pas Dieu ni ne respecte les hommes, 5 eh bien ! parce que cette veuve m’ennuie, je vais lui rendre justice, pour qu’elle ne vienne pas sans fin me casser la tête.” » 6 Le Seigneur ajouta : « Ecoutez bien ce que dit ce juge sans justice. 7 Et Dieu ne ferait pas justice à ses élus qui crient vers lui jour et nuit ? Et il les fait attendre ! 8 Je vous le déclare : il leur fera justice bien vite. Mais le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? »
Prédication
Geneviève Bécheret
Chers amis
Cette parabole que vous connaissez tous et toutes est pour moi une illustration de la prière persévérante et de la foi en Dieu face à l’injustice.
Elle vient à la fin d’un long discours de Jésus sur la venue du royaume de Dieu. Il avertit ses disciples qu’ils vont vivre et traverser des moments difficiles, d’où « La nécessité de prier pour eux constamment et de ne pas se décourager. » . Ce verset est illustré par la parabole de ce jour . Mais sauront-ils être fidèles et garderont ils la foi malgré les circonstances en attendant les nouveaux jours même si l’attente est longue? c’est la question qui termine cette parabole- « Mais le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? »
La parabole est simple: elle s’adresse au public de disciples mais aussi de pharisiens qui écoute Jésus.
Deux acteurs aux extrémités de l’échelle sociale et humaine:
Un juge qui n’a de nom que le titre car il est inique: un juge d’injustice, qui ne craint ni Dieu ni les hommes. La loi, il ne l’applique que lorsqu’il veut, à qui il veut, quand il veut. Il a le temps pour lui et incarne l’autorité . En fait, qui aurait envie de demander justice à un tel homme? Il faut vraiment que la femme qui s’adresse à lui ait besoin de sa décision pour le pousser à bout et obtenir ce qu’elle veut. Ce qu‘elle veut, c’est que l’injustice qu’elle subit, soit condamnée par la loi. Il n’y a pas d’alternative pour elle.Elle ne vit que pour ça.
Cette veuve est une poussière pour le juge, une moins que rien- une femme considérée comme une des personnes les plus faibles selon la Bible avec l’orphelin et l’étranger.
Sa position sociale pourrait être un frein à sa supplication; mais non!
Le droit, elle l’a pour elle: elle ose, elle n’a pas peur d’utiliser ses qualités de patience, de persévérance pour exiger réparation jusqu’à casser les oreilles du juge. Malgré un rapport de force clairement en sa défaveur, ses supplications sans cesse renouvelées et quotidiennes vont mettre à mal la patience du juge : la veuve va gagner.
Et jésus de conclure: Si une veuve voit sa demande exaucée par un juge inique, à plus forte raison notre prière sera entendue par un Dieu qui ne laissera pas crier ses élus sans les exaucer?
La prière de la veuve est une prière de demande faite à un représentant d’une autorité humaine. Cette femme sait qu’elle est dans son droit et qu’elle peut exiger une réponse. Il lui faut seulement attendre longtemps une décision positive: Elle nous apprend la persévérance dans la durée, la ténacité , l’espérance que le temps n’émousse pas: ne rien lâcher, ne pas baisser les bras, ne pas perdre l’espoir, ne pas se mésestimer , croire en soi et en sa force de conviction.
Cette femme représente tous les faibles et les mis au banc de sa société et de la nôtre pour lesquels Jésus s’est battu. Elle nous rejoint dans les injustices subies et celles pour lesquelles nous voulons obtenir réparation.
Par rapport à elle, nous avons de la chance d’avoir une batterie de moyens: Nous pouvons solliciter les tribunaux, militer dans les syndicats, nous engager dans des organisations humanitaires et caritatives .
Déjà par le passé, nous avons des exemples d’engagements dans la défense du droit du faible:
Ainsi le 13 janvier 1898, L’Aurore publie une lettre d Emile Zola intitulée « J’accuse ! ». L’écrivain en dénonçant ceux qui sont responsables de la condamnation de Dreyfus, est bien conscient qu’il peut être poursuivi pour diffamation : « C’est volontairement que je m’expose (…). Qu’on ose donc me traduire en cour d’assises et que l’enquête ait lieu au grand jour !”
En 1977, les Mères de la place de Mai en Argentine, se sont battues pendant quarante ans, pour retrouver leurs enfants enlevés par la dictature militaire; Certaines d’entre elles ont été assassinées.
Le 5 juin 1989, un homme faisait face à une colonne de chars sur la place Tian’anmen à Pékin pour protester face à la répression des autorités chinoises.
Plus récemment, les familles des otages israéliens ont manifesté dans la rue pour que leurs enfants soient rendus; une flottille a essayé de rompre le blocus imposé par Israël à la bande de Gaza, dévastée par la guerre, et de livrer de l’aide humanitaire au territoire palestinien ; un groupe de chrétiens du Beaujolais prend en charge le village de Taybeh, village chrétien de Palestine etc…
Ce n’est qu’une petite liste de toutes les injustices subies et de ceux qui se sont engagés humainement. Ainsi, comme la veuve, toutes ces manifestations pour la justice adressées à ceux qui ont le pouvoir, sont autant de prières engagées pour voir triompher le droit et la justice.
La persévérance dans la prière, le chrétien connait; mais contrairement à la veuve, dont la demande a enfin connu le succès, tant de prières justes à nos yeux, tellement essentielles : La fin d’une guerre, la réconciliation entre deux personnes, la guérison d’un malade, déclinées sans fin… ne semblent pas exaucées malgré la force et la persévérance des demandes. Combien de prières sans réponses…Pourquoi ?
Y aurait il de bonnes et de mauvaises demandes? Faut-il voir Dieu comme intervenant à tout instant dans le quotidien de notre vie? Quel est le Dieu que nous dévoile Jésus? En quel Dieu croyons-nous? Et si nous croyons en lui, nous ne pouvons penser qu’il se désintéresse de nous..
Alors s’il ne se passe rien dans la suite de nos prières, serait-ce que nous manquons de foi? Est-ce à cela que Jésus ferait allusion à la fin de la parabole en disant: « le Fils de l’homme quand il reviendra trouvera t il la foi sur la terre? »
Gardons-nous une relation d’amour et de confiance avec lui? Savons-nous résister et rester fidèle malgré le silence de Dieu à nos demandes? Peut-être demandons-nous dans nos prières comme les apôtres « augmente en nous la foi » afin que cette petite flamme en nous qui essaie d’espérer, ne s’éteigne pas dans la tourmente des doutes et des désillusions.
En fait, nous n’avons pas à nous demander ce que Dieu peut faire pour nous, mais ce que nous pouvons faire pour lui car Dieu sait de quoi nous avons besoin avant même que nous le lui demandions.
Jésus nous dit dans le préambule du Notre Père: 7« Quand vous priez, ne rabâchez pas comme les païens ; ils s’imaginent que c’est à force de paroles qu’ils se feront exaucer. 8 Ne leur ressemblez donc pas, car votre Père sait ce dont vous avez besoin, avant que vous le lui demandiez » (Matthieu 6. 7-8)
Mais il nous oblige aussi à réfléchir sur la nature de notre foi, quand il dit : “Ceux qui disent : Seigneur, Seigneur ! n’entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais seulement celui qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux…” (Matthieu 7. 21-23)
Et voilà le lien entre la prière et la foi, entre le 1er verset et le dernier verset de cette parabole.
La foi est le moteur de la vraie prière; elle la nourrit.
La foi de la femme, celle qui gouverne nos relations humaines est régie par le besoin de justice; elle est du domaine du droit.
La foi des chrétiens est une relation de confiance en Dieu; le temps n’a aucune importance; notre prière ne sera pas alors formaliste, rituelle , superstitieuse, ou de marchandage mais enracinée dans une relation personnelle avec Dieu, et ancrée sur la vie de Jésus-Christ .
Terminons ensemble par la juste prière laissée par Jésus, le Notre Père qui consiste à demander à Dieu qui est grâce et amour de nous faire grandir dans la foi, dans notre engagement et dans notre désir de le servir dans la meilleure manière possible.
Notre Père..
Prochain culte
dimanche 26 novembre 2025
10h30
