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Eglise Protestante Unie de Villefranche sur Saône

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culte du dimanche 12 octobre 2025

 

Textes

2 Rois 5.14-17

2 Timothée 2.8-13

Luc 17.11-19

 

Exode 32, versets 1 à 23 (Traduction Œcuménique de la Bible 2010)

1 Le peuple vit que Moïse tardait à descendre de la montagne ; le peuple s’assembla près d’Aaron et lui dit : « Debout ! Fais-nous des dieux qui marchent à notre tête, car ce Moïse, l’homme qui nous a fait monter du pays d’Egypte, nous ne savons pas ce qui lui est arrivé. » 2 Aaron leur dit : « Arrachez les boucles d’or qui sont aux oreilles de vos femmes, de vos fils et de vos filles, et apportez-les- moi. » 3 Tout le peuple arracha les boucles d’or qu’ils avaient aux oreilles, et on les apporta à Aaron. 4 Ayant pris l’or de leurs mains, il le façonna au burin pour en faire une statue de veau. Ils direntalors : « Voici tes dieux, Israël, ceux qui t’ont fait monter du pays d’Egypte ! » 5 Aaron le vit et il bâtit un autel en face de la statue ; puis Aaron proclama ceci : « Demain, fête pour le SEIGNEUR ! »

6 Le lendemain, dès leur lever, ils offrirent des holocaustes et amenèrent des sacrifices de paix ; le peuple s’assit pour manger et boire, il se leva pour se divertir.

7 Le SEIGNEUR adressa la parole à Moïse : « Descends donc, car ton peuple s’est corrompu, ce peuple que tu as fait monter du pays d’Egypte. 8 Ils n’ont pas tardé à s’écarter du chemin que je leur avais prescrit ; ils se sont fait une statue de veau, ils se sont prosternés devant elle, ils lui ont sacrifié et ils ont dit : Voici tes dieux, Israël, ceux qui t’ont fait monter du pays d’Egypte. » 9 Et le SEIGNEUR dit à Moïse : « Je vois ce peuple : eh bien ! c’est un peuple à la nuque raide ! 10 Et maintenant, laisse-moi faire : que ma colère s’enflamme contre eux, je vais les supprimer et je ferai de toi une grande nation. »

11 Mais Moïse apaisa la face du SEIGNEUR, son Dieu, en disant : « Pourquoi, SEIGNEUR, ta colère veut-elle s’enflammer contre ton peuple que tu as fait sortir du pays d’Egypte, à grande puissance et à main forte ? 12 Pourquoi les Egyptiens diraient-ils : “C’est par méchanceté qu’il les a fait sortir ! pour les tuer dans les montagnes ! pour les supprimer de la surface de la terre !” Reviens de l’ardeur de ta colère et renonce à faire du mal à ton peuple. 13 Souviens-toi d’Abraham, d’Isaac et d’Israël, tes serviteurs, auxquels tu as juré par toi-même, auxquels tu as adressé cette parole : Je multiplierai votre descendance comme les étoiles du ciel et, tout ce pays que j’ai dit, je le donnerai à votre descendance, et ils le recevront comme patrimoine pour toujours. »

14 Et le SEIGNEURrenonça au mal qu’il avait dit vouloir faire à son peuple.

15 Moïse s’en retourna et descendit de la montagne, les deux tables de la charte en main, tables écrites des deux côtés, écrites de part et d’autre ; 16les tables, c’était l’œuvre de Dieu, l’écriture, c’était l’écriture de Dieu, gravée sur les tables. 17 Josué entendit le bruit des acclamations du peuple et il dit à Moïse : « Bruit de guerre dans le camp ! » 18 Mais celui-ci dit :« Ni le bruit des chants de victoire, ni le bruit des chants de défaite, ce que j’entends, c’est un bruit de cantiques ! »

19 Or, comme il s’approchait du camp, il vit le veau et des danses ; Moïse s’enflamma de colère : de ses mains, il jeta les tables et les brisa au bas de la montagne. 20 Il prit le veau qu’ils avaient fait, le brûla, l’écrasa tout fin, le répandit à la surface de l’eau et il fit boire les fils d’Israël.

21Moïse dit à Aaron : « Que t’a fait ce peuple pour que tu amènes sur lui un grand péché ? » 22 Aaron dit : « Que la colère de mon seigneur ne s’enflamme pas ! Tu sais toi-même que le peuple est dans le malheur. 23 Ils m’ont dit : “Fais-nous des dieux qui marchent à notre tête, car ce Moïse, l’homme qui nous a fait monter du pays d’Egypte, nous ne savons pas ce qui lui est arrivé.”

 

Prédication

 

Nicolas FIZAMES

 

Ne sommes-nous pas un peu perdus dans l’idolâtrie ?

Nos leaders comme des dieux

Nous avons besoin d’un vrai leader, d’un vrai chef, d’un homme fort ! C’est ce que pensent beaucoup de personnes aujourd’hui. A commencer par nos concitoyens. Notre pays est soumis à une telle instabilité du pouvoir, avec ces gouvernements éphémères qui se succèdent sans rien réaliser de concret depuis de longs mois déjà, qu’un vrai leader serait « providentiel » ! C’est vrai dans beaucoup de pays par le monde où la population fait accéder au pouvoir un chef, un homme fort en général, aux allures souvent dictatoriales, à la parole facile et décomplexée. Ces dirigeants ont plutôt des mots tranchants, et ils imposent la plupart du temps leur vision quelle que soit d’ailleurs la réalité scientifiques ou historiques des choses. Par exemple, M. Trump, le 23 septembre 2025, lors de l’assemblée générale de l’ONU à New York, a qualifié le réchauffement climatique de « the greatest con job ever perpetrated upon the world » / « plus grande arnaque jamais menée contre le monde » / [1].

Il y a bien longtemps, le peuple hébreu qui venait de quitter l’Egypte et l’esclavage, se retrouva, un peu angoissé, sans leader. Ce peuple avait été témoin, 50 jours après sa sortie d’Egypte, de la gloire divine qui était descendue sur la montagne. Le livre de l’Exode, au chapitre 20, nous raconte que, rassemblé alors au pied du mont Sinaï, le peuple y avait entendu les Dix Paroles, les Dix Commandements (comme on dit habituellement). Moïse était déjà là-haut, sur cette montagne, proche de ce Dieu dont le Nom lui avait été révélé jadis dans l’épisode du buisson ardent. Moïse était ensuite descendu de la montagne pour enseigner son peuple, mais il y était retourné très vite pour recevoir des tables de pierre, écrites de la main même de Dieu. Et voilà 40 jours que le leader du peuple hébreu, son meneur – pourrions-nous dire en bon français – était parti dans cette montagne à la rencontre de Dieu. 40 jours. Chiffre symbolique, représentant dans la Bible un temps long de transition, d’épreuve et à la fin de renouveau. Pour le peuple angoissé, ça fait trop longtemps que leur guide, que leur chef est parti. Dans l’angoisse d’être perdu, certainement dans le flou de ces Dix Paroles nouvelles venues d’ailleurs, il se tourne vers Aaron, le spécialiste du divin, celui qui seconde Moïse. Ils lui disent : « Fais-nous des dieux qui marchent à notre tête, car ce Moïse, l’homme qui nous a fait monter du pays d’Egypte, nous ne savons pas ce qui lui est arrivé. » (Exode 32, 1)

Il y a là quelque chose d’important que je n’avais pas remarqué en première lecture : « Fais-nous des dieux car Moïse a disparu » disent en somme les hébreux. C’est assez étrange comme demande :remplacer Moïse par des dieux. Comme si finalement le peuple avait considéré Moïse comme un dieu. D’ailleurs ils disent « Moïse, l’homme qui nous a fait monter du pays d’Egypte » alors que la Thora s’emploie à bien faire comprendre que c’est ADONAÏ ELOHÎMS (traduit dans nos Bibles par le Seigneur Dieu) qui a libéré son peuple d’Egypte et non Moïse. C’est un point important. Et c’est un point très actuel. Le fait de diviniser une personne, c’est peut-être cela la pire des idolâtries !

En tous les cas, l’angoisse, la peur d’être perdu, sont le terreau de la fausse religion, de l’idolâtrie.

Afin de calmer nos angoisses, n’avons-nous pas tendance à déifier certains leaders charismatiques, à mettre toute notre confiance en eux ? Le fait de déifier un guide, un meneur, que nous croyons être providentiel, n’est évidemment qu’un piège pour notre liberté : il nous suffit de penser à tous les dictateurs que compte malheureusement l’histoire, arrivés au pouvoir parfois en toute légalité, mais aussi notre monde contemporain.

D’ailleurs, Moïse n’est pas un leader à proprement parler, même si le comportement de son peuple semble vouloir lui donner ce rôle. En effet, imaginez-vous un premier ministre français qui bégaye,qui n’arrive pas à aligner une phrase ? Imaginez-vous que M. Trump aurait gagné une élection en étant bègue ? Dans le livre de l’Exode, au chapitre 4, il est en effet écrit :

10Moïse dit au SEIGNEUR : « Je t’en prie, Seigneur, je ne suis pas doué pour la parole, ni d’hier, ni d’avant-hier, ni depuis que tu parles à ton serviteur. J’ai la bouche lourde et la langue lourde. » 11Le SEIGNEUR lui dit : « Qui a donné une bouche à l’homme ? Qui rend muet ou sourd, voyant ou aveugle ? N’est-ce pas moi, le SEIGNEUR ? 12Et maintenant, va, JE SUIS avec ta bouche et je t’enseignerai ce que tu devras dire. » 13Il dit : « Je t’en prie, Seigneur, envoie-le dire par qui tu voudras ! » (Exode 4, 10 à 13)

Je vous laisse lire la suite, où l’Eternel va un peu s’énerver du refus insistant de Moïse. Oui, Moïse est bègue. C’est pourquoi Aaron, sera en quelque sorte son porte-parole.

Dans un livre consacré à Moïse – Moshè en hébreu – André Chouraqui rapporte cet antique midrash qui raconte l’origine de ce handicap. Il écrit : « A l’origine, Moshè était le plus éloquent des Hébreux. Un jour voyant un Égyptien prier ses dieux, enflammé de zèle, il lui reproche son aveuglement, le bouscule et brûle ses statues. La voix d’Elohîms retentit alors : « Cet homme – dit- il à Moshè – au-delà de sa statue s’adressait à Moi. J’ai entendu sa prière et je l’exaucerai. Quant à toi pour t’apprendre à mieux comprendre Ma Thora et le sens de mon unité, afin d’être plus réfléchi, tu bégaieras désormais. » C’est sans doute ainsi que Moshè comprit la différence qu’il y a, entre dire : ‘Il n’y a qu’un Dieu’ ou dire ce qu’affirme la Thora : ‘Les Elohîms sont Un.’ » [2]

En effet, pour bien comprendre, dans la Thora, c’est-à-dire dans les 5 premiers livres de nos Bibles, le nom de la divinité est un nom au pluriel : « Elohîms ». Au singulier, ce nom se prononçait « Eloha » dans certains dialectes sémitiques. Il se prononce notamment en arabe : « Allah ». Et, dans la langue quotidienne de Jésus, l’araméen : « Alâhâ ». Il est donc significatif que pour exprimer l’idée de Dieu, les textes sacrés des hébreux, le début de nos Bibles, aient utilisé un pluriel. Voilà donc, qu’un commentaire de la Thora, un midrash, raconte que Moïse n’est pas de la trempe de nos fameux leaders actuels, à commencer par les plus véhéments. Bien au contraire, il a pu avoir la tentation d’imposer son point de vue sur sa religion. C’est pourquoi l’Eternel l’aurait condamné au bégaiement… Car, Moïse n’a pas à être sûr de lui-même. Moïse n’a pas à imposer son idée de qui est Dieu. Non, c’est à l’Eternel Lui-même de réaliser ce don dans le cœur de chacune et de chacun.

Le fait de se forger des certitudes absolues, comme de croire savoir vraiment qui est Dieu et de vouloir l’imposer aux autres, est un piège pour notre foi. Les chemins incertains, avec leurs doutes et leurs nuits sont plus nourrissant et plus constructifs que les certitudes absolues et rassurantes qui finissent toujours par tourner en exclusion et en violence. C’est d’ailleurs pour cela je crois, que la 1ère demande de la prière que nous a laissé Jésus, le fameux « Notre père », s’adresse à l’Eternel pour qu’Il nous révèle qui Il EST. Nous devons entrer dans cette prière en laissant nos certitudes. « Que ton Nom soit sanctifié » est traduit magnifiquement dans la TOB par : « Fais connaître à tous qui tu es » (Mathieu 6, 9) Cela signifie donc : révèle-nous ton Nom sacré. Comme tu l’as révélé à Moïse dans l’épisode du buisson ardent, révèle-nous ton Nom sacré. Notre Père qui est au-delà de ce que nous imaginons, sors de nos tête les images toute faites de ce que veut dire Dieu.

Nous faisons silence et nous t’écoutons. Toi Seul peut nous révéler qui TU ES. Nos constructions mentales, aussi intelligentes et théologiques soient-elles, sont fausses. Il nous faut vivre avec ce manque. Et ce manque crée souvent en moi la paix et le joie, trace de Ta présence, Seigneur. Mais parfois, le manque, ça peut devenir très angoissant. Nous sommes comme des enfants ayant faim, comme des bébés qui se mettent à hurler. Nous avons alors un besoin à combler. Nous aimerions connaître vraiment Dieu : qu’il puisse être visible, qu’il puisse être saisissable. Nous aimerions avoir un pasteur qui nous dise vraiment qui est Dieu. Nous aimerions pouvoir disposer de ce Dieu à notre guise, quand on veut. Peut-être le dimanche matin à 10h30. Un peu comme un achat. Le client est roi, non ! Et nous sommes prêts à y mettre le prix !

Alors voilà le peuple hébreu qui donne l’or de ses bijoux pour réaliser une statue, une sorte de petit taureau en or. Une construction de ce qu’est le divin pour eux. Peut-être un mélange de force et de tendresse… un petit taureau en or, c’est mignon, non ? 3Tout le peuple arracha les boucles d’or qu’ils avaient aux oreilles, et on les apporta à Aaron. 4Ayant pris l’or de leurs mains, il le façonna au burin pour en faire une statue de veau. Ils dirent alors : « Voici tes dieux, Israël, ceux qui t’ont fait monter du pays d’Egypte ! » (Exode 32, 3-4)

Le manque, l’angoisse, la peur d’être perdu, sont effectivement le terreau de la fausse religion, de l’idolâtrie. Le peuple hébreu a voulu combler un vide, comme bien des peuples aujourd’hui. Ils avaient sûrement confondu leur prophète Moïse avec le Dieu que Moïse voulait leur révéler. Ils avaient probablement déifié leur leader. Et son manque les a conduits à se bricoler un dieu, le veau d’or, le petit taureau en or. Pour beaucoup de rabbins, cet épisode du veau d’or est le plus grand péché du peuple hébreu…

La question actuelle que je me pose est à la fois spirituelle et politique : ne sommes-nous pas en train de vivre une période de grande idolâtrie ? J’entends : sur le plan religieux, beaucoup ont l’air si sûr d’avoir atteint la vérité qu’ils l’imposent violemment aux autres. Et cela n’épargne pas les chrétiens. Sur le plan politique, beaucoup désirent un Homme fort qui résolve tous les problèmes et en qui ils mettent toute leur confiance. Jusqu’à parfois le déifier !

Ne pas se désolidariser des autres

Mais revenons au texte de l’Exode : « 9Et le SEIGNEUR dit à Moïse : « Je vois ce peuple : eh bien ! c’est un peuple à la nuque raide ! 10Et maintenant, laisse-moi faire : que ma colère s’enflamme contre eux, je vais les supprimer … » (Exode 32, 9-10)

Voilà que l’Eternel est si en colère contre ce peuple qu’il projette de le faire disparaître… Ou plutôt, dans ma façon de comprendre la Bible, j’entends que Moïse perçoit le risque que l’Eternel détruise son peuple. Est-ce réel ? Ou est-ce l’image que Moïse se fait de Dieu ? Contrairement aux fameuses tables en pierre que Moïse va casser et qui étaient écrites de la main même de Dieu, la Bible est donc écrite par des humains qui témoignent de leur foi. Et heureusement que les tables de pierre ont donc été cassées. Aussi, la Bible est – et doit être – interprétable. C’est pourquoi, ma foi me conduit à penser que Moïse s’imagine que l’Eternel va détruire son peuple. Et dans cette angoisse, Moïse prie. Oui, l’angoisse peut aussi amener à la prière plutôt qu’à l’idolâtrie. Moïse prie donc et dit : « Pourquoi, SEIGNEUR, ta colère veut-elle s’enflammer contre ton peuple que tu as fait sortir du pays d’Egypte, à grande puissance et à main forte ? 12Pourquoi les Egyptiens diraient-ils : “C’est par méchanceté qu’il les a fait sortir ! pour les tuer dans les montagnes ! pour les supprimer de la surface de la terre !” Reviens de l’ardeur de ta colère et renonce à faire du mal à ton peuple. 13Souviens-toi d’Abraham, d’Isaac et d’Israël, tes serviteurs, auxquels tu as juré par toi-même, auxquels tu as adressé cette parole : Je multiplierai votre descendance comme les étoiles du ciel et, tout ce pays que j’ai dit, je le donnerai à votre descendance, et ils le recevront comme patrimoine pour toujours. » 14Et le SEIGNEUR renonça au mal qu’il avait dit vouloir faire à son peuple. (Exode 32, 11-14)

Je trouve ce texte beau. D’une part, il nous dit que dans nos moments d’angoisse, nous pouvons toujours prier. Nous pouvons toujours nous tourner vers Dieu, ce Dieu invisible qui nous échappe, plutôt que de vouloir placer du visible et du concret à la place même de Dieu. Nous pouvons prier, et même être exaucé. D’autre part, alors que Moïse va redescendre de la montagne et se mettre lui- même en colère contre son peuple, il ne s’en désolidarise pourtant pas dans sa prière ! Il fait corps. Oui, devant l’Eternel, Moïse aurait pu critiquer son peuple idolâtre, son peuple fautif et dire à Dieu, ou plutôt dire à l’image qu’il se fait de son Dieu (toujours d’après ma foi et ma compréhension) :

« Vas-y ! Massacre-les ! Ils ne valent rien ! Je leur ai fait entendre ta Parole incroyable et eux, comme des imbéciles ils se fabriquent une statue ! Oui, Parole incroyable qu’ils n’arrivent pas donc à croire !Massacre-les donc !» … Mais non ! La prière de Moïse est authentique. Elle ne le place pas en dehors du monde, en dehors de son peuple. Cette prière n’est pas un moment pour se considérer pur alors que les autres ne le seraient pas.

Je reviens encore à la prière que Jésus nous a laissée. C’est pour cela même je crois, qu’elle commence par « notre père » et non pas par « mon père ». D’emblée, nous ne sommes pas seuls. Nous portons dans notre prière les nôtres, nos proches, notre famille, nos enfants mais aussi les plus lointains. Celles et ceux que nous croisons au travail, dans notre ville, notre village ou notre immeuble. Et peut-être même portons-nous des pécheurs, des idolâtres, des fautifs. A commencer par nous-mêmes ! Nous sommes donc invités comme le grand prophète Moïse a porté les égarés et à ne pas nous considérer au-dessus du lot. Je vous avoue que le « notre père » me solidarise non seulement à tous mes sœurs et frères les humains, mais même au-delà, à tout le Vivant : à l’oiseau qui passe au-dessus de moi, à l’abeille qui vient sur les fleurs de lavande de ma terrasse, à l’escargot que j’ai manqué écraser sans faire exprès et à tous ces êtres vivants que je ne peux qu’ignorer tant ils sont nombreux mais avec qui je suis solidaire, dans une immense fraternité du vivant.

Oui, dans nos angoisses et nos peurs actuelles, le réchauffement climatique, la montée des extrémistes, il serait préférable de ne pas nous désolidariser de nos frères et sœurs que nous considérons comme des égarés. C’est d’ailleurs précisément ce à quoi s’opposent les hommes forts, les leaders nationalistes et toute la panoplie des petits et grands dictateurs. Ils divisent en effet leur peuple, ils désignent les bons et les méchants, ils proclament leurs certitudes, à commencer par leurs certitudes sur Dieu. Mais, de mon point de vue, ils ne font que porter en vain le Nom de l’Eternel et ils égarent bien des âmes. Ne soyons donc pas dupes. « C’est au fruit que l’on reconnaît l’arbre » disait Jésus (Matthieu 12, 33). Sachons donc discerner où poussent l’entraide, la solidarité, et la fraternité. Et n’oublions pas cette parole de Jésus qui, comme Moïse dans sa prière ne se désolidarise de personne, nous dit : « aimez vos ennemis ! » (Matthieu 5, 44)

 

SOURCES :

[1] – The Gardian – Wed 24 Sep 2025 – Science demands action: world leaders and UN push climate agenda forward despite Trump’s attacks.

[2] – MOÏSE – Chouraqui – Champs Flammarion. Page 111 – antique midrash cité par l’auteur, A. Chouraqui ; Page138 – Elohîms, un nom au pluriel.

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