Culte du dimanche 18 janvier 2026
Textes
Es 49. 3-6
1Co 1. 1-3
Jn 1. 29-34
Jean 2. 1-11
1 Or, le troisième jour, il y eut une noce à Cana de Galilée et la mère de Jésus était là. 2 Jésus lui aussi fut invité à la noce ainsi que ses disciples. 3 Comme le vin manquait, la mère de Jésus lui dit : « Ils n’ont pas de vin. » 4 Mais Jésus lui répondit : « Que me veux-tu, femme ? Mon heure n’est pas encore venue. » 5 Sa mère dit aux serviteurs : « Quoi qu’il vous dise, faites-le. » 6 Il y avait là six jarres de pierre destinées aux purifications des Juifs ; elles contenaient chacune de deux à trois mesures. 7 Jésus dit aux serviteurs : « Remplissez d’eau ces jarres » ; et ils les emplirent jusqu’au bord. 8 Jésus leur dit : « Maintenant puisez et portez-en au maître du repas. » Ils lui en portèrent, 9 et il goûta l’eau devenue vin — il ne savait pas d’où il venait, à la différence des serviteurs qui avaient puisé l’eau —, aussi il s’adresse au marié 10 et lui dit : « Tout le monde offre d’abord le bon vin et, lorsque les convives sont gris, le moins bon ; mais toi, tu as gardé le bon vin jusqu’à maintenant ! » 11 Tel fut, à Cana de Galilée, le commencement des signes de Jésus. Il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui. – TOB
1 Corinthiens 12. 4-11
4 Il y a diversité de dons de la grâce, mais c’est le même Esprit ; 5 diversité de ministères, mais c’est le même Seigneur ; 6 diversité de modes d’action, mais c’est le même Dieu qui, en tous, met tout en oeuvre. 7 A chacun est donnée la manifestation de l’Esprit en vue du bien de tous. 8 A l’un, par l’Esprit, est donné un message de sagesse, à l’autre, un message de connaissance, selon le même Esprit ; 9 à l’un, dans le même Esprit, c’est la foi ; à un autre, dans l’unique Esprit, ce sont des dons de guérison ; 10 à tel autre, d’opérer des miracles, à tel autre, de prophétiser, à tel autre, de discerner les esprits, à tel autre encore, de parler en langues ; enfin à tel autre, de les interpréter. 11 Mais tout cela, c’est l’unique et même Esprit qui le met en oeuvre, accordant à chacun des dons personnels divers, comme il veut. – TOB
Prédication
Arthur Gerstlé- Joly, pasteur , Consistoire du Grand Lyon
Serviteurs, aux premières loges des signes
Cher-es sœurs et frères,
Nous venons d’entendre deux textes très différents, de style, d’écriture, de but théologique
aussi. Et pourtant, nous allons voir qu’ils peuvent se retrouver pour nous parler aujourd’hui !
À qui s’identifier ? (de qui parler ?)
Dans l’évangile de Jean, nous avons lu cette histoire des noces de Cana, épisode particulier que nous ne retrouvons dans aucun autre récit biblique. Ce moment est particulier à plus d’un titre, et je pourrais vous en parler sous les traits de plus d’un personnage…
Jésus, bien sûr, est celui qui nous paraît sans doute le plus évident. Après tout, il s’agit de son tout premier miracle, non ? Il est encore discret, tout juste baptisé, entouré des premiers disciples qu’il vient d’appeler… On pourrait dire que ce sont ses premières armes, peut-être même qu’il essaie, comme le prophète Jérémie, de dire qu’il est trop petit pour sa mission : « Ce n’est pas encore le moment pour moi », dit-il à sa mère.
Sa mère, justement, Marie, est à l’honneur si vous entendez ce texte lors d’une messe et que le prêtre veut faire original ou féministe… Marie est invitée à la noce, elle est même citée dans les invités avant Jésus, ce qui laisse supposer que les mariés font partie de son entourage à elle. Même renvoyée par son fils, elle lui facilite la tâche en prévenant les serviteurs du banquet.
Quid des mariés ? Une seule fois, j’ai entendu parler des mariés lors d’une prédication sur ce texte… C’était justement lors d’un mariage et les mariés avaient choisi précisément ce texte, qui n’est pas courant pour une bénédiction! On ne parle pas du couple dont les noces sont célébrées. C’est à peine si l’évangéliste souligne la présence du marié, et ce uniquement pour souligner qu’il n’a pas été assez prévoyant pour ajuster ses provisions de vin…. Toute personne ici qui a déjà organisé un mariage sait à quel point il est délicat de prévoir la quantité de boissons diverses selon le nombre d’invités, la chaleur, la durée de la fête, etc.
Je pourrais également vous citer le responsable du banquet, dont le texte nous parle à deux reprises. C’est le personnage du récit qui ne saisit absolument rien de ce qui se passe : les serviteurs lui apportent du vin, et lui pense alors que le marié est à l’origine de la provision soudaine de vin exquis !
Tous ces personnages sont présents dans le récit de Jean, mais ce n’est pas d’eux dont je souhaite parler aujourd’hui. Non, les personnes qui m’intéressent n’ont pas encore été citées… Qui reste-t-il? Vous ne voyez pas? Qui est toujours présent même si on ne le voit pas? Qui ne compte pas , et n’a même pas de nom? Qui compte tellement peu que nous n’en connaissons pas leur nombre? Les serviteurs, bien sûr!
Les serviteurs, ce sont ceux qui sont essentiels à la vie de la maison, au bon déroulement des noces. Ce sont les personnes qu’on ne voit pas, qu’on ne doit pas voir, qu’on appelle seulement pour leur donner des ordres…Mais eux voient tout, savent tout, sont partout. Avez-vous déjà remarqué l’étendue des connaissances d’une secrétaire dans un bureau médical, un office notarial, la direction d’une entreprise ou simplement dans notre Église? Qui est capable de donner le nom de la secrétaire du Conseil Régional par exemple?
Jésus, nous l’avons dit, est particulièrement discret, son ministère n’est pas encore commencé. On pourrait dire qu’il n’est pas encore sûr de sa mission, qu’il a un peu le trac. Même quand sa mère vient le voir par lui signifier l’occasion parfaite pour un miracle, il la renvoie! Alors Jésus choisit la discrétion pour son premier miracle, et les personnes qui sauront être les plus discrètes de la maison: les serviteurs. Ils ne lui tiendront pas tête, puisque tout le monde leur donne des ordres, et ils obéissent.
Pourtant, ce que demande Jésus n’est ni simple ni habituel. Les jarres pour les purifications ont déjà été utilisées, elles ont sans doute été nettoyées, préparées avec soin pour leur prochaine utilisation. Elles sont énormes, et les remplir a dû prendre beaucoup de temps… Je rappelle que l’eau courante n’existait pas, et que les serviteurs ont dû tirer d’un puits les six cents litres d’eau qu’il a fallu pour remplir ces récipients! Les serviteurs, sans sourciller, obéissent.
Pourtant, ce Jésus , les serviteurs ne le connaissent , si je puis me permettre l’expression , ni d’Eve ni d’Adam! On peut imaginer qu’ils pourraient refuser d’obéir à des ordres qui paraissent sans objet, ou avoir peur de la réaction du maître de maison… On peut aussi penser qu’ils prennent Jésus pour un illuminé quand celui-ci leur demande de puiser de l’eau d’une jarre et d’en apporter au responsable de la fête. Qu’espère-t-il, cet étranger, avec une eau ordinaire?
Et le miracle opère. Et les serviteurs sont les premiers à le réaliser. Ils sont aux premières loges. Ils n’en ont pas l’habitude, je crois…. Ainsi, avec ses ordres étranges, ses demandes sans queue ni tête, cet étranger a réalisé un signe divin! Ce n’est pas seulement un étranger, ce n’est pas un excentrique..Finalement, Jésus leur a donné cette chance: les serviteurs sont les premiers croyants. Avant même les disciples, qui eux ont observé de loin, et ne sont que les témoins de ce signe de la gloire de Jésus.
Ce sont eux, les serviteurs, les premiers à avoir la foi, les précurseurs des croyants que nous sommes. Comme eux, voyons-nous aussi des signes, des miracles se dérouler sous nos yeux?
Unité et diversité vues par Paul
De son côté , plusieurs décennies après et sous d’autres cieux, Paul écrit sa première lettre à l’Église de Corinthe, une communauté qu’il a constituée lors d’un de ses voyages. L’Église de Corinthe est connue pour ses divisions, et pour son goût immodéré envers tout ce qui est spectaculaire.
Les soeurs et les frères y apprécient les démonstrations de foi charismatiques, les manifestations exubérantes de l’Esprit Saint, faisant parler en langues les croyants, ou prophétiser certain.e.s d’entre eux.
Quel est le discours de Paul à leur égard? Il tient en trois points, qu’il répète sous différentes formes : diversité, unité, Esprit. Si vous avez déjà lu des lettres de Paul, vous savez qu’il aime répéter ses arguments plusieurs fois de diverses manières. Dans le texte vous avez donc dû repérer ces mots répétés.
Paul met d’abord en exergue diversité des dons octroyés à chaque personne. Aucun.e de nous n’est identique à son voisin.e, ici, aujourd’hui , ou dans notre famille, ou à l’école, au travail…Même parmi les vrais jumeaux ou triplés, aucun individu n’est identique à son frère ou sa soeur! Il y a toujours une diversité de caractères, de goût, de capacités,… Cette diversité, nous pouvons la voir, non seulement en constatant nos différences physiques, mais aussi par l’appréciation des services que nous rendons à l’Eglise, les services pendant le culte que je remercie chaque semaine!
Cette diversité, ces dons et talents multiples qui nous sont octroyés ne doivent pas servir à la division. Un peu plus loin, dans sa lettre, Paul dira que nous ne pouvons pas comparer les capacités que nous avons reçues et dire que n’avons pas besoin des autres. Il en identifie plusieurs, et vous les reconnaîtrez sans doute, en vous ou autour de vous: la sagesse, la connaissance, la foi, la guérison , la prophétie, le discernement…
Cette diversité des dons, c’est ce qui fait la force, c’est ce qui rend l’Église unique: c’est lorsque nous rassemblons nos charismes que nous pouvons être une communauté. Ici vous le savez bien, car cette paroisse a été montée par des dizaines de mains, il y a quelques dizaines d’années… C’est lorsque des familles se réunissent qu’elles peuvent former une communauté et en attirer d’autres.
C’est lorsque des talents sont unifiés qu’ils peuvent constituer une force. Vous avez peut-être acheté “la Bible manuscrite”, celle qui a aussi pour surnom “la Bibles des confiné.e.s” et qui a été écrite et illustrée par des centaines de personnes un peu partout dans le monde, pendant le temps du confinement en 2020; C’es le genre de choses qui arrive lorsque les talents sont réunis.
C’est lorsque nous reconnaissons notre diversité que nous pouvons apporter de quoi construire l’unité, et au-delà de ces deux aspects apparemment antagonistes, Paul apporte le troisième: l’Esprit. Si, en tant que croyant.e.s, nous reconnaissons l’action de cet Esprit en nous et parmi nous, nous aurons l’énergie et la foi pour vivre l’unité de notre Église dans la diversité de nos existences! La veillée de prière pour l’Unité des Chrétiens n’est-elle pas une preuve de la possibilité de cette Unité voulue par Dieu lui-même?
Conclusion: devenir serviteurs/servantes de l’Esprit
Tout cela c’est très bien, me direz-vous, mais on ne voit toujours pas le rapport entre les noces de Cana d’une part, et la diversité, l’unité dans l’Esprit prôné par Paul d’autre part! Quel rapport entre les serviteurs et les charismes de chacun.e.?
Peut-être le voyez-vous se dessiner, ce lien: ce que Paul nous demande, n’est-ce pas d’être peu ou prou des serviteurs de l’Esprit, qui ne souhaite rien d’autre que de créer des signes par nous? Comme les serviteurs ont obéi à Jésus, Paul ne nous suggère-t-il pas de nous laisser habiter par l’Esprit, pour permettre aux dons qui nous sont octroyés de pouvoir se développer?
Comme les serviteurs, saurons-nous mettre en oeuvre ces qualités d’humilité, d’écoute, qui permettent de percevoir ce qui se déroule sous nos yeux? Paul ne suggère-t-il pas, lorsqu’il parle de l’Esprit unique qui distribue ses dons à chacun.e, d’accepter ce que nous recevons, individuellement, pour le mettre au service de la communauté, d’une unité, d’un bien commun?
Bien sûr, il ne s’agit pas non plus de se sacrifier pour le fonctionnement d’un collectif qui oublierait tout individu… Il s’agit de se demander si nous mettons en commun nos dons, nos capacités, nos talents? Est-ce que nous ne cherchons pas à les comparer? Est-ce que nous ne laissons pas un peu trop souvent parler le syndrome de l’imposteur, cette petite voix qui dit “non, je ne sais pas le faire, quelqu’un d’autre le fera mieux que moi”?
Cher.e.s soeurs et frères, comme les serviteurs, soyons aux premières loges des signes qui se réalisent devant nous: soyons au service de nos communautés!
Amen
Dimanche 25 janvier 2026
A partir de 9h
Assemblée Générale
et
Election des nouveaux membres du Conseil Presbytéral
C U L T E
