Culte du dimanche 8 février 2026
Textes
Esaïe 58.7-10
1 Corinthiens 2.1-5
Matthieu 5.13-16
Mathieu 5. 13-16
13 « Vous êtes le sel de la terre. Si le sel perd sa saveur, comment redeviendra-t-il du sel ? Il ne vaut plus rien ; on le jette dehors et il est foulé aux pieds par les hommes. 14 « Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une hauteur ne peut être cachée. 15 Quand on allume une lampe, ce n’est pas pour la mettre sous le boisseau, mais sur son support, et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison. 16 De même, que votre lumière brille aux yeux des hommes, pour qu’en voyant vos bonnes actions ils rendent gloire à votre Père qui est aux cieux. – TOB
Prédication
Antoine ROLLAND
Chères sœurs, chers frères,
Les textes du jour sont une très bonne catéchèse pour adulte ! Trois textes, trois messages assez limpides, trois paroles qui nous édifient et nous enseigne, avec (pour une fois !) une simplicité biblique ! Trois textes tirés de trois sources qui ,chacune à leur manière est une parole de Dieu : parole inspirée pour Paul, parole dictée pour Esaïe, parole directement prononcée pour le sermon sur la montagne. Trois textes, trois thématiques que je vous propose d’explorer et de méditer ce matin : quelle est la mission du chrétien, comment la mettre en œuvre, avec quelle force ?
Le premier texte que je vous propose de méditer est le dernier dans l’ordre de lecture. Ce sont les quelques paroles de Jésus qu’il adresse à la foule, sur le bord du lac de Tibériade : le sermon sur la montagne. Et comme il y a 2000 ans, nous sommes ce matin dans la position de la foule (alors, toute proportion gardée, nous ne sommes pas 5000 réunis dans ce temple ce matin 😊 ), la foule qui vient écouter la prédication de Jésus. Que nous dit-il ? Il nous dit que nous sommes lumière du monde. Alors cela peut nous sembler un peu étonnant. Comment, si faible, pouvons-nous éclairer le monde ? Je vois deux axes : le premier, c’est celui d’être un phare dans la nuit. Ne pas tout éclairer, mais rester un repère dans un monde en crise. Oui, notre rôle de chrétien est d’être stable, de continuer à prêcher le salut par la grâce et l’espérance, dans un monde désespérant qui ne fonctionne qu’au soi-disant mérite. Lumière qu’on ne met pas sous cloche, mais qui se montre dans le monde. Oui, nous pouvons montrer qu’un autre monde (appelons-le royaume des cieux) est possible ! Deuxième axe, nous pouvons aussi être ceux qui éclairent non pas le monde entier, mais les endroits qui justement mériteraient d’être plus vu, plus mis en lumière. Ceux qui ont besoin qu’on parle plus d’eux : les pauvres, les précaires, les étrangers : il est du rôle des églises de porter leur voix dans le monde. Mais aussi mettre la lumière sur les initiatives qui sont porteuses d’espérance : oui, il y a des hommes et des femmes qui aujourd’hui essayent de faire advenir le royaume ici-bas, mettons les en lumière !
Le deuxième texte, tiré du livre d’Esaïe, est très explicite sur ce que Dieu attend de nous, et ce sur quoi il faut mettre la lumière. « le jeûne qui me plait, c’est libérer les gens enchainés injustement, c’est partager ton pain avec celui qui a faim, loger les pauvres qui n’ont pas de maison, habiller ceux qui n’ont pas de vêtements, c’est ne pas te détourner de celui qui est ton frère ». De nombreux endroits expérimentent des formes de vie ou de lutte pour plus de justice et de paix dans notre monde. Je ne parle évidemment pas de Trump, mais par exemple des endroits où on protège la biodiversité en préservant la vie sauvage, comme le domaine des Courmettes géré par l’association chrétienne A Rocha ; des endroits où l’on accueille les sans-abris de manière inconditionnelle, comme le foyer ND des Sans Abris ; des endroits où on soutient les étrangers en les accompagnants dans leurs droits, comme à la Cimade. Mais « ne pas te détourner de celui qui est son frère » ne veut pas forcément dire d’avoir une vie exemplaire comme Mère Térésa ou d’autres saints. Nous pouvons, nous devons aussi le faire simplement, dans la banalité de nos vies quotidienne : un bonjour adressé à nos voisins, un regard de fierté porté sur un élève qui réussit un exercice ; un merci reconnaissant au livreur qui nous apporte un colis ou au boulanger qui nous permet d’avoir du pain ; en bref une attitude qui met l’humanité de l’autre au cœur de notre relation. Simplement sourire à l’autre pour voir en lui un frère, issu du même Dieu. Bien sûr cela ne suffit pas, et nous sommes appelés, en tant qu’église, à avoir une influence déterminante sur la marche du monde. Mais en attendant de travailler ensemble, nous pouvons aussi, chacun de notre côté, avancer en humanité dans la joie de la rencontre. Avoir un sourire lumineux, c’est aussi ça être lumière du monde ! Esaïe nous le dit « si tu partages ton pain avec celui qui a faim, si tu donnes à manger à qui doit se priver, alors la lumière chassera l’obscurité où tu vis; au lieu de vivre dans la nuit, tu seras comme en plein midi. »
Mais tout cela demande de l’énergie. D’où pouvons-nous tirer cette force ? C’est le troisième texte qui nous le dit. Paul, apôtre le plus actif pour propager la bonne nouvelle, le dit lui-même aux habitants de Corinthe : « moi-même devant vous j’ai été faible, j’avais peur, je tremblais. Ma parole et mon enseignement n’avaient rien à voir avec la sagesse humaine » (et je vous avoue que je me sens un peu comme cela en prêchant devant vous !). Oui, même le plus grand apôtre sait qu’il ne peut pas compter sur ses propres forces. « c’est la puissance de l’esprit qui apparait dans ce que je dis ». Frères et sœurs, quelle chance vous avez, nous avons, si nous avons la foi comme Paul ! En effet, nous savons alors que de toute façon, nos propres forces ne sont pas suffisantes pour mener à bien le projet d’une société de justice et de paix. Nous savons que nos propres forces ne sont pas suffisantes pour œuvrer à l’avènement du royaume de Dieu ici-bas. Mais nous savons qu’à chaque fois que nous agissons, c’est Dieu qui agit à travers nous, avec sa force et sa puissance. Si nous pensons ne pas être capable de faire le bien, souvenons-nous que la force nous sera donnée par Dieu. Il ne s’agit évidemment pas de s’épuiser dans un activisme sacrificiel. Il s’agit de reconnaître que Dieu est avec nous à chaque fois que nous essayons de mettre ses commandements en pratique. Oui il est là, avec nous, derrière nous, et c’est cette confiance qui nous permet d’avancer sur le chemin de paix et de justice. Essayons de nous en souvenir quand nous sommes fatigués, démoralisés, désespérés : la puissance de Dieu est avec nous, pour nous permettre de briller.
Soyons lumière du monde, essayons d’œuvrer pour la paix et la justice, avec la force que nous donne notre foi en Dieu.
Amen
Prochain culte
dimanche 15 février 2026
10h30
