Culte du dimanche 17 mai 2026
Textes
Actes 1.12-14
1 Pierre 4.13-16
Jean 17.1-11
1 Après avoir ainsi parlé, Jésus leva les yeux au ciel et dit : « Père, l’heure est venue, glorifie ton Fils, afin que ton Fils te glorifie 2 et que, selon le pouvoir sur toute chair que tu lui as donné, il donne la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés. 3 Or la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ. 4 Je t’ai glorifié sur la terre, j’ai achevé l’oeuvre que tu m’as donnée à faire. 5 Et maintenant, Père, glorifie-moi auprès de toi de cette gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde fût. 6 « J’ai manifesté ton nom aux hommes que tu as tirés du monde pour me les donner. Ils étaient à toi, tu me les as donnés et ils ont observé ta parole. 7 Ils savent maintenant que tout ce que tu m’as donné vient de toi, 8 que les paroles que je leur ai données sont celles que tu m’as données. Ils les ont reçues, ils ont véritablement connu que je suis sorti de toi, et ils ont cru que tu m’as envoyé. 9 Je prie pour eux ; je ne prie pas pour le monde, mais pour ceux que tu m’as donnés : ils sont à toi, 10 et tout ce qui est à moi est à toi, comme tout ce qui est à toi est à moi, et j’ai été glorifié en eux. 11 Désormais je ne suis plus dans le monde ; eux restent dans le monde, tandis que moi je vais à toi. Père saint, garde-les en ton nom que tu m’as donné, pour qu’ils soient un comme nous sommes un.(TOB)
Prédication
Cornelis Van der Slikke
Le dimanche des rameaux n’est pas si loin de nous lorsque Jésus entre dans Jérusalem sur un ânon . Nous voyons la foule , nous entendons leurs cris et nous avons envie de chanter avec eux : Hosanna !
Mais avec le texte proposé pour aujourd’hui, nous sommes transportés loin du brouhaha du monde .
Nous voici dans le monde de la prière. Cette prière de Jésus qui commence par <<Père>> . Mais ce n’est pas celle que nous connaissons tous bien, celle de Jésus qui prie dans le jardin de Gethsémani et que nous trouvons dans les évangiles. Nous la connaissons bien, car elle nous parle , cette autre prière.
Jésus s’isole pour prier, il est en désarroi. <<Père éloigne de moi cette coupe>> . Lorsqu’il revient, ses disciples dorment. Ils sont loin de comprendre ce qui se passe. Ils sont comme engourdis.
Dans l’évangile de Jean, en revanche, Jésus n’est ni angoissé, ni triste face à ce qui viendra. Pas de goutte de sueur, ni de larme qui coule. Il est attablé avec ses disciples qui l’écoutent attentivement. Après seulement, ils s’en vont au jardin. L’évangile de Jean nous montre un autre Jésus. Il ne parle pas comme quelqu’un qui s’attend à être arrêté d’un moment à l’autre. Il est au-dessus de ce qui se passe et de ce qui se passera. Comme s’il avait déjà vécu toute la semaine sainte : l’arrestation, la torture, la mort, la croix et la résurrection. Il parle de ce qui viendra après, après tout cela.
Que restera-t-il de sa vie ? Que fera-t-on du Dieu qu’il n’a cessé de dévoiler ? Et surtout, quel avenir pour les femmes et les hommes qui l’ont suivi et qui ont eu confiance en lui et en son Dieu ? Que deviendront celles et ceux qu’il a redressés et à qui il a redonné une dignité ?Quel avenir pour celles et ceux qui ont retrouvé un sens à leur vie grâce à lui ? Que restera-t-il des liens tissés ?
C’est pour tout cela que la présence des disciples est si importante. Même s’ils ne parlent pas, ils sont là, il faut qu’ils soient là. Car c’est une prière pour eux.
Ils, les disciples, ne sont que le début de la prière. Et cela est parfois dur à comprendre. On risque même de mal interpréter le sens de la prière. On lève les yeux vers le ciel avec Jésus et nous regardons un Dieu qui semble si loin. Nous parlons de la glorification de Dieu et son fils Jésus Christ, de la relation intime entre le Père et le Fils comme d’une chose mystérieuse et lointaine, et nous pouvons nous sentir exclus, non concernés.
Alors que l’objectif de la prière, ce n’est pas de garder les yeux fixés vers le ciel. Au verset 9, Jean dit : <<Je prie pour eux … pour ceux que tu m’as donnés>> . La dernière prière de Jésus est une prière pour ses disciples. Il intercède pour eux, à l’époque, Il prie pour nous, aujourd’hui. Car le Dieu de Jésus n’est pas un but en soi. Le Dieu de Jésus n’est pas un être suprême qui aurait créé un jour le monde et qui s’en serait retiré depuis.
Ce n’est pas un Dieu que nous devons acclamer pour un miracle fait un jour et dont nous pouvons encore admirer de temps en temps la beauté. Ce n’est pas un Dieu solitaire qui se suffit à lui-même. Même si ce Dieu-là peut nous arranger. Un Dieu sans impact sur nous aujourd’hui, quoique… Sans avoir de comptes à Lui rendre. Sans interdépendance, sans relation, et aussi, sans dons, sans générosité.Avec un tel Dieu, il n’y aurait alors ni interdépendance, ni relation, ni dons, ni générosité ?
Avec ce Dieu là, on peut se demander pourquoi l’homme devrait faire plus que son Dieu. C’est Dieu pour lui, et chacun pour soi. Oui, parfois, je prends ce Dieu-là pour mon Dieu et je suis à son image. Je crucifie le Dieu qui me questionne , qui me dérange, qui me bouscule .
Mais ce n’est pas à ce Dieu-là que Jésus s’adresse ici. Il s’adresse à un Dieu Parole, Parole qui donne la vie, Parole venue au monde, Parole venue dans le monde. Parole qui a pour but de nous donner la vie éternelle.
Comme pour les disciples, c’est parfois difficile à comprendre. Alors Jésus ajoute <<la vie éternelle>> c’est maintenant. Plus exactement : c’est le fait qu’ils, les disciples, nous, le connaissent, toi, moi, le seul vrai Dieu et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ.
Mais nous ne sommes pas de simples spectateurs du lien privilégié de Jésus et de son Père.
A la fin de sa prière, Jésus dira au verset 22: <<je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée pour qu’ils soient un comme nous sommes un>> et au verset 26, <<je leur ai fait connaître ton nom et je leur ferai connaître encore, afin que l’amour dont tu m’as aimé soit avec eux et moi en eux>>. Unis, car aimés. Unis, et capables d’aimer.
Lorsque Jésus lève les yeux vers le ciel et qu’il dit : <<Père>>, il pense à ceux sur terre. Il rappelle à ses disciples que ce Père demeure en eux. Que Dieu demeure en nous. Jésus n’est pas venu pour être acclamé comme sauveur et faiseur de miracles au cour de sa vie terrestre. Mais pour nous dire que nous, dans notre monde quisemble parfois si éloigné de l’amour divin dont il parle, que dans ce monde-là, nous sommes porteur du sacré.
Notre mission n’est pas une affaire pour certains privilégiés, maiscela est une mission pour chacun d’entre nous. Nous ne sommes pas appelés à tomber d’accord sur tout et nous n’avons pas de tradition à sauver à tout prix. Notre unité nous est donnée, nous sommes unis, car libérés. Unis comme le peuple de Dieu qui marche, ensemble, vers le pays promis.
Aujourd’hui , et tous les jours de ta vie, de ma vie, de nos vies, ensemble, joignons-nous à cette foule qui a acclamé notre Seigneur Jésus-Christ, en prière. Ne soyons pas un attroupement, un groupe isolé ou chacun, individuellement, cherche son Sauveur. Mais Jésus a fait de nous une assemblée qui a envie de le suivre, parce que nous savons : Jésus s’effacera, non pour disparaître, mais pour demeurer en nous.
Amen
