Atelier de Lectures Oecuménique du 15 octobre 2026
Le vin et la vigne dans la Bible
Présentation :
Etonnamment, le vin occupe une place importante dans la Bible. Le vin et la vigne sont cités plus de quatre cents fois dans l’Ancien Testament !
Pourquoi tant de références au vin ? Quel est le message que veut nous faire passer la Bible ?
Aux origines de l’humanité
La 1ère mention du vin dans la Bible se situe au sortir de l’arche de Noé.
Gn 9.20-22 : « Noé devint cultivateur et il planta une vigne. Il but du vin, s’enivra et s’exposa nu à l’intérieur de sa tente. Cham, père de Canaan, vit la nudité de son père et le raconta au dehors à ses deux frères.»
Noé, l’homme juste (Gn 6.9), qui échappe au terrible jugement de Dieu (le déluge), s’enivre lamentablement après avoir planté une vigne.
Dégrisé, il apprend que son fils cadet, Cham, père de Canaan (la précision n’est pas fortuite), l’a vu nu. Le mot est peut-être un euphémisme pour coucher avec.
Au lieu de reconnaître son péché, il prononce une malédiction sur son petit-fils Canaan (et non sur Cham) en ces termes : Maudit soit Canaan, qu’il soit l’esclave des esclaves de ses frères. (Gn 9.25)
Cette malédiction prononcée par Noé sur son petit-fils Canaan a été détournée par les esclavagistes chrétiens (notamment américains) pour servir de justification à la traite négrière. Les esclavagistes prétendaient que la malédiction de Noé s’étendait à tous les noirs, comme s’il y avait une malédiction divine sur les populations noires. Cham étant le père des Koushites, population noire du sud de l’Egypte (Koush correspond à l’Ethiopie). Cette interprétation ne tient pas la route et ne peut en aucun cas justifier l’esclavage.
Je passe sur le deuxième cas d’ivresse dans le livre de la Genèse avec Loth, le neveu d’Abraham (Genèse 19.30-38) et ses filles. Lui aussi aura des conséquences néfastes sur plusieurs générations.
Mais le vin a-t-il toujours si mauvaise presse dans la Bible ? Eh bien non.
L’idéal pour un Israélite de l’A.T. : habiter sous sa vigne
La vigne était haute en ce temps-là puisqu’on pouvait s’y reposer à l’abri des fortes chaleurs de la journée comme on le fait sous une tonnelle.
Il existe en effet deux grands types de conduite de la vigne :
– Les vignes hautes menées sur arbre, en treille ou sur des pergolas, comme l’attestent des bas-reliefs assyriens datés du VIIe siècle av. J.-C. ou des peintures égyptiennes du XV̭e siècle av. J.-C.
– la forme en buisson c’est-à-dire la vigne basse sur échalas comme dans nos vignobles actuels.
Les vignes dans les pays méditerranéens (donc en Israël) étaient conduites en hautain (c’est-à-dire maintenues en hauteur par des arbres taillés).
Strabon (env. 60 av. J.-C. – 23 ap. J.-C.) relate dans sa Géographie qu’il existe des vignes aux ceps aussi gros que des troncs d’arbres et qu’ils portaient des grappes de deux coudées, soit d’un mètre de hauteur. Cela rappelle les espions envoyés au pays de Canaan qui, de retour de leur exploration, ramenèrent « un sarment de vigne avec une grappe de raisin, qu’ils durent porter à deux, au moyen d’une perche. » (Nb 13. 23)
Le prophète Michée qui annonce les temps futurs écrit : « De leurs épées ils forgeront des socs de charrue, de leurs lances des serpes : une nation ne lèvera plus l’épée contre une autre et on n’apprendra plus la guerre. Chacun d’eux habitera sous sa vigne et sous son figuier. »
Le vin de la joie
Ps 104.15 : « Le vin qui réjouit le cœur de l’homme, faisant plus que l’huile resplendir son visage. »
Même la Sagesse boit du vin : « Elle a égorgé une bête, préparé son vin et dressé sa table. » (Pr 9.2)
Le Cantique des Cantiques utilise la métaphore du vin pour décrire l’ivresse de l’amour charnel. « Tes caresses m’enivrent plus que le vin » (Ct 1.2), « il m’a conduite au palais de l’ivresse » (2.4), l’amoureux dit à sa bien-aimée : « Que ta bouche m’enivre comme le bon vin ! Oui, un bon vin réservé à mon bien-aimé et glissant sur nos lèvres endormies. » (7.10)
Revenons à des choses un peu plus prosaïques.
Dans l’antiquité, les vins étaient coupés d’eau et agrémentés d’herbes aromatiques, d’épices (cannelle, myrrhe) et même de miel, essentiellement pour en prolonger la conservation. Le mélange se faisait dans de grands récipients appelées cratères et stocké ensuite dans des jarres de grande contenance. En chauffant le vin à 35-40°, on obtenait un vin plus liquoreux. Esaïe 5.22 parle de vin mélangé.
Le pressoir à levier apparaît au cours du IIe millénaire avant notre ère.
Il est aussi question dans la Bible de boissons alcoolisées, à base d’orge, de dattes, ou même de cervoise (Nb 6. 3 ; Lv 10.9 ; etc.). Il ne serait pas étonnant que ce terme générique (CHéKaR), inclue la bière. La NIV (version américaine) traduit CHéKaR par bière en Pr 20.1 et 31.4,6.
Jean Baptiste devait s’abstenir de boire du sikera (Lc 1.15, TOB, BFC : boisson fermentée ; NBS : boisson forte). C’est un vœu de consécration au Seigneur qui s’apparente à celui de nazir.
L’Ecclésiaste qui s’interroge (et nous interroge) sur le sens de la vie, sait cependant apprécier les joies simples de notre quotidien.
Ec 9.7 : « Va, mange ton pain avec joie, et bois ton vin le cœur content. »
Le vin est une métaphore du bonheur familial : « Chez toi ta femme sera comme une vigne généreuse. » (Ps128)
Le vin comme thérapie
« Fais usage d’un peu de vin à cause de ton estomac et de tes fréquentes indispositions », conseille Paul à Timothée (1Tm 5.23).
Hippocrate (460 – 377 av. J.-C.) prescrivait fréquemment du vin blanc à ses patients. Ce « père de la médecine voyait dans le vin un bienfait pour la santé et un moyen de guérison. L’eau souvent polluée provoquait des dérangements gastriques. Le pouvoir bactéricide de l’alcool favorisait la digestion.
Le vin était aussi employé comme désinfectant pour nettoyer les plaies comme le fait le « bon samaritain » de la parabole de Jésus (Lc 10.34) et le « vin aigre » que les soldats romains présentaient aux crucifiés avait un pouvoir anesthésiant.
Le vin de la débauche
Proverbes 23.29-35 nous dépeint le portrait de l’ivrogne :
« Pour qui les « Malheurs ! », pour qui les « Hélas ! » ? Pour qui les querelles, pour qui les plaintes, pour qui les blessures inutiles ? Pour qui les yeux rouges ? Pour ceux qui s’attardent auprès du vin, pour ceux qui aiment déguster les vins parfumés. Ne regarde pas le vin lorsqu’il est d’un beau rouge, qu’il déploie sa robe dans la coupe et qu’il coule aisément. Par la suite, il mord comme un serpent, il pique comme un aspic. »
Et à la fin de ce portrait, l’ivrogne est comparé à un matelot couché au sommet d’un mat. Inutile de préciser que là-haut, ça tangue et ça vacille.
Un récit dans le premier livre de Samuel au chapitre 25 relate le cas de Nabal dont le nom signifie fou, insensé. C’était un important éleveur d’ovins et de caprins, un homme dur qui n’avait pas pris la mesure de la gravité de son comportement lorsqu’il a renvoyé les émissaires du futur roi David venus lui demander de l’aide. Heureusement, sa femme Abigaïl a chargé ses ânes de victuailles et est allée à sa rencontre alors qu’il était en route avec ses hommes pour une expédition punitive.
De retour à la maison, elle trouve son mari dans un état d’ébriété tel qu’elle juge bon d’attendre le lendemain pour lui raconter ce à quoi il a échappé. Il meurt d’une attaque d’apoplexie dix jours après. Nabal est l’exemple type de l’homme travailleur et fêtard. La bonne chère et le vin ont eu raison de lui.
Au palais du roi de Perse Xerxes ou Assuérus (486-465 av. J.-C.)
Le roi de Perse offrit un banquet dans les jardins de la citadelle de Suse. Chacun pouvait boire sans contrainte, car le roi avait ordonné à tous les serviteurs du palais de satisfaire les désirs de ses hôtes.. Est-il étonnant que le roi Xerxès était égayé par le vin ? L’idée lui vint alors de donner l’ordre d’aller chercher la reine Vasti pour montrer sa grande beauté à ses invités. Mais elle refuse de s’exhiber devant un parterre de gens avinés ce qui provoque l’ire du roi qui en fait une affaire d’État. La reine est destituée (car il s’agissait d’un crime de lèse-majesté !) et un décret royal envoyé dans toutes les provinces promulgue que tout homme doit rester maître dans sa maison et donc avoir une femme qui lui obéisse au doigt et à l’œil. La reine Vasti est probablement la précurseure du MLF !
Le livre des Proverbes se termine par les conseils d’une mère à son fils le roi Lémouel. Elle lui dit : « Le vin, Lemouel, n’est pas bon pour les rois. Ce n’est pas à eux d’en boire, ni à ceux qu gouvernent de boire de l’alcool. S’ils s’enivrent, ils oublieront d’appliquer les lois et trahiront les droits de ceux qui sont les plus pauvres. Que l’on donne plutôt des boissons enivrantes à ceux qui vont mourir ou qui ont une vie misérable. » (Pr 31.4-6) Pouvoir anesthésiant de l’alcool…
La vigne comme métaphore du peuple de Dieu
À bien des reprises, le peuple d’Israël est comparé à une vigne dont Dieu est le propriétaire : Par exemple en Esaïe 5.1-7 où le vigneron soigne sa vigne, Esaïe 27.1-6 où la vigne est jalousement gardée par Dieu et dont le monde est rempli de ses produits ; Osée 10.1 dont où la vigne luxuriante a été saccagée, et bien d’autres allusions à la vigne du Seigneur que Jésus a reprises dans ses enseignements.
Le travail de la vigne prend une importance particulière avec le sarclage, l’épierrage (Es 5. 2), la taille et la lutte contre les animaux comme les petits renards dans le Cantique des Cantiques (Ct 2.15) ou les chenilles, sauterelles, criquets qui dévastent les cultures (Jl 1. 4).
En Esaïe 5.1 il est question de terroir (on dit « climat » en Bourgogne) et en Jérémie 2. 2 d’un « cépage de choix. » On savait déjà faire du bon vin !
Les problèmes phytosanitaires sont aussi anciens que la viticulture. Le prophète Joël parle des « pampres de la vigne qui ont blanchi. » (Jl 1. 7) Serait-ce le mildiou reconnaissable lorsque des taches blanchâtres apparaissent sur les feuilles de vigne ? Le prophète Amos mentionne la rouille et la nielle qui attaquent les céréales mais aussi la vigne (Am 9).
Jésus et le vin
Surprise ! Jésus a la réputation d’être l’ami des buveurs et des gloutons !
Jésus dit aux pharisiens austères : « Jean le Baptiste est venu, il ne mange pas de pain, il ne boit pas de vin, et vous dites : « Il a perdu la tête. Le Fils de l’homme est venu, il mange, il boit, et vous dites : Voilà un glouton et un ivrogne. » (Lc 7. 33, TOB)
Jésus « mangeait et buvait » avec les pécheurs ; il ne refusait pas un bon repas accompagné d’une coupe de vin. Ce qui n’empêche pas Jésus de mettre en garde : « Prenez garde, ne laissez pas votre esprit s’alourdir dans les fêtes et l’ivrognerie, ainsi que dans les soucis de la vie. » (Luc 21.34)
Les noces de Cana
Venons-en maintenant à ces fameuses noces de Cana. (Jn 2).
Au cours du repas de noces, le vin vient à manquer et le maître de cérémonie est désemparé. Les invités ont-ils bu plus que de raison ou la quantité de vin a-t-elle été sous estimée ? Nous ne le savons pas. Toujours est-il que Jésus, invité à la noce avec ses disciples, a vent de ce manque dont les invités et les mariés se souviendront toute leur vie. Il demande aux serviteurs de remplir d’eau les jarres qui servent aux ablutions rituelles des juifs. Ils les remplissent à ras bord. Il y en a six qui contiennent chacune une quarantaine de litres, ce qui fait en tout, selon une note de la NBS, 240 litres. D’autres traducteurs estiment la contenance de chacune de ces jarres à une centaine de litres, soit six cent litres en tout ! (BFC et BS)
Et sans que personne ne sache comment, l’eau se transforme en vin, mais pas n’importe quel vin, du bon vin. Après avoir bien bu, les convives ont encore à leur disposition 240 ou 600 litres de très bon vin.
Je vous laisse imaginer la surprise du marié lorsque le maître de cérémonie lui dit : « Tout le monde commence à offrir le meilleur vin, mais toi, tu as gardé le meilleur vin jusqu’à maintenant. » (Jn 2. 10)
Ce vin n’était pas seulement gouleyant. Il était… sublime ! Mieux qu’un Romanée Conti 1945 vendu aux enchères à New York le 13 octobre 2018 à 558000 $ la bouteille ou, plus modestement ( !), un Clos de Vougeot.
Notons que Jésus a commencé son ministère avec un vin sublime et l’a terminé avec un infâme picrate tendu au bout d’une perche !
Jésus la vraie vigne
Dans la parabole de la vraie vigne (Jn 15.1-6), Jésus s’identifie à la vigne du Seigneur dont son père est le vigneron.
« Moi je suis la vraie vigne et mon Père est le vigneron. Il enlève tout rameau qui, uni à moi, ne porte pas de fruit, mais il taille, il purifie chaque rameau qui porte du fruit, afin qu’il en porte encore plus. Un sarment ne peut pas porter de fruit par lui-même, sans être uni à la vigne ; de même, vous non plus vous ne pouvez pas porter de fruit si vous ne demeurez pas unis à moi. Moi je suis la vigne, vous êtes les sarments. La personne qui demeure unie à moi, et à qui je suis uni, porte beaucoup de fruits, car sans moi vous ne pouvez rien faire. La personne qui ne demeure pas unie à moi est jetée dehors, comme un sarment, et elle sèche ; les sarments secs, on les ramasse, on les jette au feu et ils brûlent. »
Au lieu de dire en s’adressant à ses disciples : « C’est vous qui êtes la vraie vigne » les désignant ainsi comme le vrai peuple de Dieu réuni autour de lui, Jésus fait corps avec ses disciples. Ce disant, Jésus nous envoie deux signaux :
– Il est le Fils bien-aimé en qui Dieu prend plaisir, celui qui est resté fidèle à sa mission jusqu’au bout, sans faillir.
– Il s’identifie au peuple de Dieu qui ne peut vivre que par lui.
Et comme le cep transmet aux sarments les nutriments indispensables à leur développement, Jésus nourrit ses disciples de la Parole de Dieu. C’est la condition pour porter du fruit.
Le Père vigneron n’est pas inactif dans cette allégorie. Il coupe les branches mortes et émonde les saines pour qu’elles portent encore plus de fruits. En fait, le sarment n’est voué qu’à deux alternatives : porter du fruit ou « être jeté dehors. » Magnifique réalité de la vie chrétienne où le peuple de Dieu vit de la communion avec le Christ et où Dieu agit, parfois (ou souvent) douloureusement dans le but de le purifier.
Le vin de la cène
Pendant le repas de la Pâque que Jésus prend avec ses apôtres (Luc 22), il leur annonce qu’« il ne boira plus désormais du produit de la vigne jusqu’à ce que vienne le royaume de Dieu. » (Lc 22.18)
Ici, dans Luc 22, le dernier repas pascal de Jésus avec ses apôtres prend une perspective eschatologique.
La liturgie de l’Église catholique fait dire au prêtre qui présente l’hostie : Tu es béni, Dieu de l’univers, toi qui nous donnes ce pain, fruit de la terre et du travail des hommes. Et pour le vin : Tu es béni, Dieu de l’univers, toi qui nous donnes ce vin, fruit de la vigne et du travail des hommes ;
Le vin est en effet un produit transformé par la viniculture.
La liturgie de l’Église réformée qui s’inspire de la Didaché (2ème s.) apporte une autre image au vin de la cène :
Comme les grappes jadis dispersées sur les collines sont maintenant réunies dans ce vin, ainsi Seigneur rassemble toute ton Église des extrémités de la terre dans ton royaume…
Ici, c’est le peuple de Dieu issu « de toute nation, de toutes tribus, de tous peuples et de toutes langues, que personne ne pouvait compter » (Ap 7.9) qui est désigné dans le symbolisme du vin.
Paul et le vin
« Ne vous enivrez pas de vin : il mène à la débauche, écrit Paul aux chrétiens d’Ephèse, au contraire, soyez remplis par l’Esprit. » (Ep 5.18, forme passive)
Notons que l’apôtre ne dit pas : « Ne buvez pas de vin » mais « Ne vous enivrez pas de vin ». La différence est considérable !
Dans la culture gréco-romaine, l’ivresse était un moyen d’entrer en contact avec les divinités. À l’instar du Banquet de Platon (début du 4ème siècle av. J.-C.), il existait des « symposions » où les convives buvaient du vin sous la direction d’un symposiarque, sorte de maître de céans qui maintenait les convives dans une ivresse relative pendant que certains d’entre eux déclamaient des vers, discouraient ou philosophaient. Il ne serait pas surprenant que dans les agapes des Églises primitives, certaines personnes se soient inspirées de ces coutumes gréco-romaines, d’où les abus d’alcool cités en 1Co 11.20,21 où Paul fustige ceux qui sont ivres pendant que d’autres n’ont rien lorsqu’ils prennent le repas du Seigneur.
En opposant l’ébriété à la plénitude de l’Esprit, Paul montre que la relation à Dieu n’a rien à voir avec un état second que Paul qualifie de malfaisant mais qu’il faille constamment laisser l’Esprit nous remplir.
Donc, le vin, oui ! Mais à boire avec …MODÉRATION.
À la fin des temps (le vin dans l’Apocalypse)
Toutes les occurrences du mot vin dans le livre de l’Apocalypse s’inscrivent dans un contexte de jugement.
Il est question du vin de la colère de Dieu. C’est le système politico-économique de Babylone qui est ici stigmatisé. À cette fin, le vin joue le rôle de métonymie (on exprime un concept au moyen d’un autre concept).
Ap 14.19 : L’ange fit alors passer sa faucille sur la terre, coupa les grappes de la vigne de la terre et les jeta dans le grand pressoir de la colère de Dieu.
L’Apôtre Jean y décrit la chute vertigineuse de Babylone considérée comme un empire florissant qui s’effondre parce que Dieu le passe en jugement.
Ap 18.10-13: « Malheur, quel malheur ! Ô Babylone, ville grande et puissante ! Une seule heure a suffi pour que tu sois condamnée. »
Ce sont « les raisins de la colère » que John Steinbeck a décrits dans son célèbre roman du même nom. Il raconte l’histoire de fermiers dépossédés de leurs terres au mépris de la dignité humaine.
À la fin de la Bible, le vin devient donc une métaphore du jugement ou de la colère de Dieu qui n’est jamais indifférent à ce qui se passe sur terre.
Mais la colère n’est pas le dernier mot de Dieu.
Et comme un dernier appel à répondre à l’invitation du Seigneur, l’Esprit et la mariée (l’Église) disent : « Que celui qui a soif vienne ; que celui qui veut prenne de l’eau de la vie, gratuitement ! » (Ap 22.17)
L’eau est donc la seule boisson qui procure symboliquement la vie éternelle. Elle symbolise le Saint-Esprit qui vient résider dans le cœur de ceux qui l’accueillent.
Conclusion
Lecture d’Esaïe 55.1,2 cité en épigraphe du livre :
« Vous tous qui avez soif, voici de l’eau, venez !… c’est gratuit. Venez acheter du vin et du lait sans argent. Pourquoi dépenser de l’argent pour quelque chose qui ne nourrit pas ? Pourquoi vous fatiguer pour quelque chose qui ne rassasie pas ? Écoutez-moi bien, alors vous aurez de bonnes choses à manger, vous goûterez des choses délicieuses. »
Lecture d’une citation de Paul Claudel, Le père humilié, acte II, scène I :
« Ils disent qu’ils n’ont pas soif ; Ils disent que ce n’est pas une source ; Ils disent que ce n’est pas de l’eau ; ils disent que ce n’est pas l’idée qu’eux-mêmes se font d’une source et de l’eau ; ils disent que l’eau n’existe pas. Quant à nous, nous ne savons autre chose, sinon qu’elle donne la vie et que nul ne peut vivre sans elle. »
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Marc Rey, Le vin dans la Bible, ses symboles, ses dangers, ses bienfaits, Croire-Publications, collection Croire et Lire, 48, rue de Lille, 75007 Paris, 70p. 2020, 8€.
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